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Depuis l'installation du premier radar automatique en 2003, le parc de contrôle routier français n'a cessé de se diversifier.
Fin 2024, la France comptait 4 745 radars automatiques actifs sur son territoire, auxquels s'ajoutaient près de 1 700 cabines leurres. Ces dispositifs ne se limitent plus au seul contrôle de la vitesse : franchissement de feu rouge, bruit excessif, non-port de ceinture ou encore usage du téléphone au volant font désormais partie des infractions susceptibles d'être relevées automatiquement. Pour tout conducteur soucieux de respecter le code de la route et de préserver son capital de points, il est utile de comprendre le fonctionnement de chacun de ces appareils.
Premier radar déployé en France dans le cadre de la politique de sécurité routière, le radar fixe reste le dispositif le plus emblématique. Reconnaissable à son boîtier gris ou marron installé sur un poteau en bord de route, il mesure la vitesse instantanée des véhicules à l'aide de l'effet Doppler. Sa présence est obligatoirement signalée par un panneau placé entre 1 et 2 kilomètres en amont. Les modèles récents sont capables de contrôler les véhicules à 50 mètres en amont et en aval de leur position, et peuvent opérer dans les deux sens de circulation.
Une tolérance technique de 5 km/h est retenue pour toute vitesse inférieure à 100 km/h, tandis qu’elle s’élève à 5 % lorsque la vitesse dépasse ce seuil. Fin 2024, on dénombrait environ 580 radars fixes classiques en service, un chiffre en baisse constante au profit de modèles plus récents. Dans la nomenclature officielle du ministère de l'Intérieur, ces appareils sont désignés sous le code ETF (équipement de terrain fixe).
Le radar tourelle, ou ETT (équipement de terrain tourelle), constitue aujourd'hui l'épine dorsale du parc de radars français avec environ 1 100 unités actives réparties sur le territoire. Installé dans des cabines qui ressemblent à de petits totems, il se distingue par sa capacité à surveiller plusieurs voies simultanément, dans les deux sens de circulation, pouvant analyser jusqu'à 32 véhicules en même temps. Sa technologie infrarouge, invisible à l'œil nu, lui permet de flasher sans que le conducteur s'en aperçoive.
À la différence des anciens radars fixes, le radar tourelle peut endosser plusieurs rôles : contrôle de la vitesse, détection du franchissement de feu rouge ou vérification du respect des limitations spécifiques aux poids lourds. Il est également capable d'identifier la voie empruntée par le véhicule en infraction. Dans une logique de leurre bien établie, environ 500 des 1 600 cabines installées restent vides, rendant la détection des appareils actifs pratiquement impossible pour les conducteurs.
Apparu plus récemment dans le parc routier français, le radar discriminant, codifié ETD, se spécialise dans la différenciation des types de véhicules. Concrètement, il distingue les voitures particulières des poids lourds, des bus ou des camionnettes, et applique les seuils de vitesse correspondant à chaque catégorie. Un poids lourd, dont la limitation est de 80 km/h sur une route à 90 km/h, sera ainsi contrôlé différemment d'une voiture de tourisme.
Ce radar est particulièrement répandu sur les grands axes fréquentés par le transport de marchandises et dans les zones industrielles. Fin 2024, on recensait environ 820 radars discriminants en service sur le territoire national. Sa signalisation préalable est obligatoire, comme pour les appareils fixes classiques, et la marge de tolérance appliquée reste identique.
Parmi les dispositifs les plus redoutés par les conducteurs habituellement tentés de ralentir juste avant un radar puis d'accélérer aussitôt, le radar tronçon, également appelé ETVM (équipement de terrain vitesse moyenne), adopte une approche radicalement différente. Plutôt que de mesurer la vitesse instantanée, il calcule la vitesse moyenne d'un véhicule sur une portion de route pouvant s'étendre sur plusieurs kilomètres.
Son fonctionnement repose sur deux caméras : l'une photographie la plaque d'immatriculation et enregistre l'heure de passage à l'entrée de la zone, la seconde effectue la même opération à la sortie. Le calcul de la vitesse moyenne en résulte automatiquement. Fin 2024, la France comptait environ 45 radars tronçon, principalement déployés sur des routes nationales, des voies rapides et des périphériques sensibles. Peu nombreux, ces équipements affichent une excellente efficacité dans la réduction de la vitesse pratiquée sur les tronçons concernés.
Contrairement aux radars fixes, les radars mobiles ne sont pas signalés à l'avance. Ils se présentent sous deux formes principales. Le radar mobile sur trépied, placé temporairement sur le bord de la chaussée par les forces de l'ordre, est progressivement remplacé par des solutions plus discrètes. La voiture-radar banalisée, quant à elle, embarque un système de détection infrarouge qui enregistre automatiquement les infractions en roulant, sans intervention humaine pour déclencher le flash.
Depuis 2013, ces véhicules banalisés circulent sur l'ensemble du territoire. Plus de 450 voitures-radars sont aujourd'hui en circulation, dont plus de 60 % sont conduites par des prestataires privés sous contrôle de l'État. Leur marge de tolérance est légèrement supérieure à celle des radars fixes : 10 km/h en dessous de 110 km/h et 10 % au-delà. Leur caractère furtif en fait l'un des dispositifs les plus efficaces pour sanctionner les grands excès de vitesse sur les axes où une surveillance permanente serait impossible.
Les zones de travaux routiers concentrent des risques élevés pour les ouvriers comme pour les usagers. C'est pour répondre à cet enjeu spécifique que le radar autonome de chantier a été développé. Mobile et alimenté par batterie, avec une autonomie d'environ cinq jours, il peut être rapidement déplacé d'un site à l'autre selon les besoins du terrain. Il utilise la technologie LIDAR (Light Detection and Ranging), capable de mesurer la vitesse dans les deux sens de circulation et de différencier les types de véhicules pour appliquer des seuils distincts.
Fin 2024, le parc comptait environ 630 radars autonomes de chantier en activité. Ces équipements, souvent installés sur des remorques, se révèlent parmi les plus rentables du dispositif national : en 2022, chaque cabine enregistrait en moyenne 19 000 flashs. Les sanctions encourues suivent les barèmes habituels des excès de vitesse, avec une perte de points et une suspension possible du permis de conduire pour les dépassements importants.
Deux types de radars sont spécifiquement conçus pour contrôler le respect des signalisations lumineuses et des passages à niveau. Le radar feu rouge (ETFR) déclenche deux photographies successives : la première lorsque le véhicule dépasse la ligne d'effet du feu, la seconde lorsqu'il franchit l'intersection. Environ 390 radars feux rouges étaient encore en service fin 2024, un nombre en diminution progressive au profit des tourelles et des radars urbains multifonctions. Le radar de passage à niveau (ETPN) fonctionne selon le même principe, ciblant les comportements dangereux à proximité des voies ferrées.
Face à la densification des centres urbains et à la multiplication des zones à vitesse réduite, un nouveau type d'appareil a fait son apparition : le radar urbain (ETU). Conçu comme une version miniaturisée du radar tourelle, il est capable de contrôler la vitesse sur plusieurs voies et de détecter les franchissements de feux rouges. Déployé dans les agglomérations depuis janvier 2024, il s'inscrit dans la même logique de leurre que les grandes tourelles : sur la centaine de cabines installées, seule une fraction héberge un radar actif. Cette stratégie amplifie l'effet dissuasif sans multiplier les coûts d'investissement.
À la différence de tous les dispositifs précédents, le radar pédagogique n'a pas vocation à verbaliser. Son rôle est exclusivement préventif : il affiche en temps réel la vitesse du conducteur sur un panneau lumineux, parfois accompagné d'un message d'encouragement ou d'avertissement. On en compte environ 882 en France, dont le déploiement relève désormais de la responsabilité exclusive des collectivités locales. De nombreuses études ont démontré que ce simple retour visuel modifie le comportement des conducteurs, incitant à la décélération dans les zones sensibles comme les abords d'écoles ou les sorties de virages.
Dernier né de la famille des radars routiers français, le dispositif sonore « Hydre », développé par l'association Bruitparif, représente une innovation mondiale. Équipé de deux unités acoustiques comprenant chacune quatre microphones, d'une caméra grand-angle de 180° et de deux caméras de lecture automatique de plaques d'immatriculation (LAPI), il peut identifier un véhicule trop bruyant dans un rayon de 15 mètres, même en environnement de trafic dense. Le seuil de déclenchement est fixé à 85 décibels.
Après une phase d'expérimentation menée depuis 2022 dans sept communes, parmi lesquelles Paris, Nice, Toulouse et Bron, ce radar a commencé à être déployé progressivement à l'échelle nationale en 2025. La sanction prévue est une contravention de quatrième classe, soit une amende forfaitaire de 135 euros, minorée à 90 euros en cas de paiement rapide. Cette infraction n'entraîne pas de retrait de points sur le permis de conduire. Les deux-roues motorisés équipés de pots d'échappement non conformes et les conducteurs effectuant des accélérations brutales constituent les cibles prioritaires de ce dispositif.
Quel que soit le type de radar, les conséquences d'une infraction relevée automatiquement suivent un processus identique. Les données sont transmises au Centre National de Traitement (CNT), où un agent assermenté confirme l'infraction avant l'édition et l'envoi de l'avis de contravention. En moyenne, un conducteur flashé par un radar fixe reçoit son avis sous 5 à 10 jours, contre 15 jours à un mois pour un radar mobile.
Les sanctions varient selon la gravité du dépassement et la zone de circulation. Un excès de vitesse inférieur à 20 km/h entraîne le retrait d'un point et une amende de 68 à 135 euros selon la localisation. Au-delà de 50 km/h, les conséquences sont d'une tout autre nature depuis le 29 décembre 2025 : ce type de dépassement constitue désormais un délit pénal à part entière, et non plus une simple contravention. Le conducteur s'expose à une amende maximale portée à 3 750 euros, à une peine d'emprisonnement pouvant atteindre trois mois, à une inscription au casier judiciaire, et à l'annulation de son permis de conduire assortie d'une interdiction de le repasser pendant au moins trois ans. La confiscation du véhicule ainsi que l'obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière peuvent également être ordonnées par le tribunal correctionnel. Cette réforme historique s'applique dès le premier constat, sans qu'une récidive ne soit nécessaire. Pour les conducteurs ayant perdu des points à la suite d'infractions constatées par radar, un stage de récupération de points permet de regagner jusqu'à 4 points sur le permis de conduire. Ces stages de sensibilisation à la sécurité routière, organisés sur deux jours, constituent une démarche concrète pour reprendre conscience des risques routiers et retrouver une conduite responsable.
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| Type de radar | Infractions détectées | Marge de tolérance |
|---|---|---|
| Radar fixe classique (ETF) | Excès de vitesse instantanée dans les deux sens de circulation | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar tourelle (ETT) | Excès de vitesse, franchissement de feu rouge, non-respect des limitations poids lourds | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar discriminant (ETD) | Excès de vitesse adapté à chaque catégorie de véhicule (voiture, poids lourd, bus, camionnette) | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar tronçon ou vitesse moyenne (ETVM) | Dépassement de la vitesse moyenne calculée sur une portion de route | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar mobile et voiture-radar banalisée | Excès de vitesse instantanée, dans les deux sens de circulation | 10 km/h en dessous de 110 km/h, 10 % au-delà |
| Radar autonome de chantier | Excès de vitesse en zone de travaux, dans les deux sens de circulation | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar feu rouge (ETFR) | Franchissement de feu rouge, non-respect de la ligne d'arrêt | Non applicable (infraction qualitative) |
| Radar de passage à niveau (ETPN) | Franchissement d'un passage à niveau fermé ou en cours de fermeture | Non applicable (infraction qualitative) |
| Radar urbain (ETU) | Excès de vitesse en agglomération, franchissement de feu rouge | 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-delà |
| Radar pédagogique | Aucune infraction relevée, affichage préventif de la vitesse uniquement | Sans objet (dispositif non verbalisateur) |
| Radar anti-bruit « Hydre » | Émission sonore excessive au-dessus de 85 décibels | Sans objet (seuil acoustique fixé à 85 dB) |
La multiplication et la diversification des radars en France illustrent une stratégie globale de sécurité routière fondée sur la dissuasion et la modernisation technologique. Connaître le fonctionnement de chaque dispositif, c'est aussi comprendre que la vigilance sur la route ne se limite pas aux seules zones signalées.