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Les mois de juillet et août correspondent au pic des déplacements touristiques en France. Des millions d'automobilistes prennent la route pour rejoindre leur lieu de vacances, parfois après plusieurs mois sans avoir effectué de long trajet. Autoroutes chargées, départs matinaux, chaleur, fatigue, itinéraires inhabituels et comportements à risque constituent alors un environnement particulier pour la sécurité routière pendant les vacances d'été.
Cette période nécessite une vigilance renforcée. Les données de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) mettent en évidence une véritable saisonnalité de l'accidentalité. Sur la période 2010-2019, le troisième trimestre représentait 28 % de la mortalité routière annuelle, contre seulement 21 % pour le premier trimestre.
Les vacances d'été augmentent donc l'exposition au risque. Elles peuvent également avoir une autre conséquence pour certains automobilistes : une accumulation d'infractions susceptible de réduire le nombre de points restant sur leur permis de conduire.
La météo pourrait laisser penser que conduire en été est moins dangereux. Les routes sont généralement sèches, la visibilité est meilleure et les journées sont plus longues.
Pourtant, les conditions météorologiques ne constituent qu'une partie de l'équation.
L'été transforme profondément les déplacements. Les automobilistes roulent davantage, parcourent de plus longues distances et empruntent parfois des routes qu'ils connaissent mal. À cela s'ajoute la concentration des départs lors de certains week-ends de juillet et août.
Le phénomène concerne notamment les grands axes reliant le nord de la France aux régions touristiques du sud et de l'ouest.
Cette augmentation de la circulation multiplie mécaniquement les interactions entre voitures, poids lourds, camping-cars, motos et autres usagers.
L'été 2025 illustre l'importance de cette période dans les statistiques de la sécurité routière.
Selon les données publiées par l'ONISR, 338 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en juillet 2025. Le mois d'août a enregistré 341 décès.
Sur les deux principaux mois des vacances estivales, cela représente donc 679 personnes décédées.
La comparaison avec les années précédentes montre une dégradation importante en 2025 :
| Période estivale | Juillet | Août | Total des deux mois |
|---|---|---|---|
| 2023 | 306 décès | 285 décès | 591 décès |
| 2024* | 278 décès | 291 décès | 569 décès |
| 2025 | 338 décès | 341 décès | 679 décès |
*Les données mensuelles 2024 correspondent aux estimations diffusées dans les baromètres de l'ONISR avant consolidation définitive.
Entre les valeurs mensuelles publiées pour l'été 2024 et celles de 2025, l'écart atteint ainsi 110 décès supplémentaires.
Ces chiffres rappellent qu'un départ en vacances ne constitue jamais un trajet anodin, notamment lorsque plusieurs facteurs de risque sont réunis.
Pour de nombreux automobilistes, les vacances constituent l'un des rares moments de l'année où plusieurs centaines de kilomètres sont parcourus dans une même journée.
Une étude OpinionWay réalisée pour Ulys à l'occasion de l'été 2026 indique que 64 % des Français interrogés prévoient d'utiliser leur voiture pour partir en vacances. La distance moyenne annoncée pour le trajet est de 673 kilomètres.
Une telle distance impose plusieurs heures de conduite.
Le problème apparaît lorsqu'un automobiliste cherche à parcourir l'intégralité du trajet sans véritable interruption afin d'arriver plus rapidement à destination.
La fatigue s'installe progressivement et peut réduire les capacités d'attention, augmenter le temps de réaction et provoquer des erreurs d'appréciation.
Éviter les bouchons en partant au milieu de la nuit est une habitude fréquente pendant les grands départs.
Cette stratégie peut néanmoins exposer le conducteur à une période pendant laquelle son organisme réclame normalement du sommeil.
Une nuit raccourcie suivie de plusieurs heures de conduite constitue une mauvaise préparation à un long trajet.
Bâillements répétés, difficultés à maintenir une vitesse constante, changements involontaires de trajectoire ou sensation d'avoir parcouru plusieurs kilomètres sans s'en souvenir doivent conduire à s'arrêter.
Sur la route des vacances, une pause toutes les deux heures constitue une règle de prévention essentielle. Dès que les premiers signes de somnolence apparaissent, attendre la prochaine aire prévue n'est pas nécessaire : il faut s'arrêter dès que les conditions de sécurité le permettent.
Les fortes températures constituent une autre particularité des déplacements estivaux.
Une température élevée dans l'habitacle peut accentuer l'inconfort et la fatigue. La climatisation améliore les conditions de voyage, mais elle ne remplace ni l'hydratation ni les pauses.
La préparation du véhicule prend également toute son importance avant un long trajet : pression et état des pneumatiques, niveaux, éclairage et chargement doivent être contrôlés.
Un véhicule fortement chargé pour les vacances ne réagit pas exactement comme une voiture utilisée quotidiennement avec un seul occupant.
Les ralentissements ne provoquent pas uniquement une perte de temps. Ils peuvent modifier le comportement du conducteur.
Après une heure passée dans un embouteillage, certains automobilistes cherchent à « rattraper » le retard accumulé. La vitesse peut alors augmenter dès que la circulation redevient fluide.
D'autres comportements apparaissent : changements de file répétés, distances de sécurité insuffisantes, consultation du téléphone ou manipulation du GPS.
Le smartphone constitue un risque particulier sur les trajets estivaux. Rechercher un restaurant, prévenir de son heure d'arrivée ou modifier l'itinéraire doit être effectué à l'arrêt ou confié à un passager.
Quelques secondes d'inattention peuvent suffire pour ne pas détecter à temps un ralentissement brutal.
La sécurité routière estivale ne concerne pas uniquement les autoroutes lors des grands départs.
Les déplacements locaux effectués une fois arrivé sur le lieu de vacances représentent également un enjeu : restaurant, soirée, fête, plage ou visite touristique génèrent de nombreux trajets secondaires.
L'alcool devient alors un facteur déterminant, notamment la nuit.
Les données mises en avant par l'Association Prévention Routière pour juillet et août 2025 indiquent qu'une alcoolémie positive était relevée dans 48 % des accidents concernés la nuit, contre 16 % en journée.
La solution la plus sûre reste de désigner à l'avance une personne qui ne consommera pas d'alcool lorsqu'un retour en voiture est prévu.
L'accidentalité estivale ne concerne pas uniquement les automobilistes.
Les conditions météorologiques favorables entraînent une augmentation importante des déplacements en deux-roues motorisés.
L'ONISR relève une saisonnalité particulièrement forte chez les motocyclistes : historiquement, la mortalité des motards entre juin et août est environ trois fois supérieure à celle observée entre décembre et février.
Une belle journée peut donc correspondre à une période statistiquement plus dangereuse simplement parce que davantage de motos circulent.
Les automobilistes doivent tenir compte de cette présence accrue, notamment avant un changement de direction, un dépassement ou une insertion.
Un trajet estival de plusieurs centaines de kilomètres multiplie aussi les occasions de commettre une infraction.
Un excès de vitesse, l'utilisation du téléphone au volant, le non-respect d'une priorité, le franchissement d'un feu ou une alcoolémie supérieure au seuil autorisé peuvent entraîner un retrait de points.
Les chiffres nationaux montrent toutefois une évolution qu'il faut interpréter correctement.
En 2022, environ 16,29 millions de points ont été retirés aux conducteurs. Ce nombre est passé à 15,77 millions en 2023, puis à environ 11,74 millions en 2024.
Cette diminution importante ne signifie pas nécessairement que les automobilistes ont radicalement changé de comportement. Depuis le 1er janvier 2024, les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h n'entraînent plus de retrait de point, même s'ils restent sanctionnés par une amende.
En 2024, les excès de vitesse ont néanmoins représenté environ 5,7 millions de points retirés. Le non-respect des règles de priorité a entraîné approximativement 1,9 million de retraits de points, tandis que le téléphone et les oreillettes au volant en représentaient environ 1,7 million.
Une infraction commise pendant un trajet estival peut parfois être oubliée quelques semaines plus tard. Plusieurs infractions successives peuvent également réduire rapidement le capital disponible.
Le retour des vacances constitue donc une période pertinente pour consulter son solde de points.
Cette démarche devient particulièrement importante pour les conducteurs qui disposaient déjà d'un capital réduit avant leur départ.
Il ne faut pas attendre d'être proche de l'invalidation du permis pour s'intéresser à sa situation.
Lorsqu'un conducteur constate une diminution importante de son capital, un stage de récupération de points peut, sous réserve de respecter les conditions prévues par la réglementation, permettre de récupérer jusqu'à quatre points.
Le stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière se déroule sur deux journées consécutives. La récupération volontaire de points est possible dans la limite d'un stage par an.
L'intérêt d'une telle démarche après les vacances dépasse la simple reconstitution du capital.
Les situations analysées pendant un stage permis à points concernent directement les principaux risques rencontrés pendant l'été : vitesse, alcool, téléphone, perception du danger ou comportements du conducteur.
En 2024, 24 872 stages ont été organisés pour 320 402 participants. Parmi eux, 302 853 personnes participaient à des stages relevant du dispositif du permis à points.
Pour un conducteur ayant commis plusieurs infractions pendant ses déplacements estivaux, la rentrée peut ainsi constituer le moment approprié pour vérifier son capital et, lorsque sa situation le permet, envisager un stage pour récupérer des points sur son permis.
La prévention des accidents pendant les vacances repose finalement sur plusieurs décisions simples.
Dormir suffisamment avant le départ, prévoir des pauses, contrôler le véhicule, préparer l'itinéraire, respecter les limitations de vitesse, maintenir les distances de sécurité et laisser le téléphone de côté réduisent considérablement les situations à risque.
Il faut également accepter qu'un trajet de vacances puisse prendre plus de temps que prévu.
Un embouteillage, une pause supplémentaire ou une circulation ralentie ne justifient jamais de compenser le retard par une augmentation de la vitesse.
Juillet et août constituent une période particulière pour la sécurité routière parce que plusieurs facteurs se rencontrent simultanément : augmentation du trafic, longues distances, fatigue, chaleur, déplacements nocturnes, circulation accrue des deux-roues et comportements parfois plus relâchés.
La même vigilance permet alors de répondre à deux enjeux étroitement liés : réduire le risque d'accident sur la route des vacances et préserver les points de son permis de conduire.